
Pour poser le diagnostic d’une dyslexie ou d’une dyspraxie, un enfant passe souvent par plusieurs bilans : orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, neuropsychologue. Plusieurs ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie. Début octobre 2026, CNP Assurances a annoncé une offre santé qui en prend une part en charge et y ajoute un accompagnement des familles. Elle ne s’adresse qu’aux salariés dont l’entreprise a souscrit un contrat collectif chez l’assureur.
Selon l’assureur, près d’un million d’enfants sont concernés en France, un à deux par classe. Dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dyscalculie : ces troubles des apprentissages pèsent sur la scolarité, et les parents enchaînent consultations, soutien scolaire et démarches.
Que contient l’offre de CNP Assurances ?
L’offre associe deux volets : de l’argent pour les bilans, et des services pour l’enfant et ses parents.
Un forfait annuel pour les bilans de détection
Le premier volet est une garantie forfaitaire annuelle. Elle rembourse une partie des bilans de détection, à condition qu’un professionnel de santé les ait prescrits. Selon l’assureur, ces bilans étaient jusqu’ici entièrement à la charge des familles. Le montant du forfait n’est pas publié.
Aide aux devoirs, coordinateur et orthopédagogue
Le second volet est une assistance conçue pour les troubles DYS. Un coordinateur fait le point avec la famille dès l’inscription. Après le diagnostic, un entretien avec un orthopédagogue aide les parents à comprendre le trouble et ses effets sur les apprentissages.
Une aide aux devoirs, assurée par des intervenants formés aux troubles DYS, est ouverte six jours sur sept, week-end compris. Un service d’orientation guide enfin les parents dans leurs démarches administratives, nombreuses quand l’enfant a besoin d’aménagements à l’école.
Quels bilans restent à la charge des familles ?
Selon le professionnel et le lieu, un même bilan peut ne rien coûter ou se payer en entier.
L’orthophoniste remboursé, les autres non
Le bilan orthophonique, souvent le premier pour une dyslexie, est remboursé à 60 % par l’Assurance Maladie sur prescription médicale. La complémentaire santé complète selon le contrat. En cabinet libéral, les bilans d’un psychomotricien, d’un ergothérapeute ou d’un neuropsychologue ne sont pas remboursés.
La mutuelle n’intervient alors que si elle prévoit un forfait pour ces praticiens, souvent partagé avec l’ostéopathe ou le psychologue. D’une complémentaire santé à l’autre, ce forfait va de zéro à quelques centaines d’euros par an.
Le parcours public, gratuit mais encadré
En CAMSP, CMP ou CMPP, les bilans et la rééducation sont pris en charge en totalité. Pour un enfant de moins de 12 ans, un médecin peut aussi prescrire un parcours de bilan auprès d’une plateforme de coordination et d’orientation. L’Assurance Maladie paie alors directement les praticiens libéraux, sans frais pour la famille.
Les tarifs fixés par l’État donnent un repère : 140 € pour un bilan d’ergothérapeute ou de psychomotricien, 300 € pour un bilan neuropsychologique complet. Seuls comptent les praticiens qui ont signé un contrat avec la plateforme : les autres restent à la charge des parents.
| Bilan | En cabinet libéral | Parcours public (plateforme, moins de 12 ans) | Offre CNP |
|---|---|---|---|
| Orthophoniste | 60 %, complément par la mutuelle | Remboursé comme en libéral | Non concerné (déjà remboursé) |
| Psychomotricien | Non remboursé | Sans frais (140 € au praticien) | Forfait partiel, montant non publié |
| Ergothérapeute | Non remboursé | Sans frais (140 € au praticien) | Forfait partiel, montant non publié |
| Psychologue, neuropsychologue | Non remboursé | Sans frais (120 € à 300 € selon le bilan) | Forfait partiel, montant non publié |
Qui peut en bénéficier ?
Un particulier ne peut pas la demander à son assureur : l’offre passe par l’employeur.
Une option des contrats collectifs sur mesure
CNP la propose dans ses contrats collectifs santé sur mesure, ceux qu’elle négocie avec les entreprises. L’employeur choisit le niveau de garantie et les services retenus, et la cotisation dépend de ces choix. Un salarié couvert par CNP n’en profite donc que si son entreprise l’a ajoutée à sa mutuelle d’entreprise. Le communiqué ne mentionne aucune version individuelle.
Comment savoir si on y a droit ?
Le service des ressources humaines peut le dire, et la notice du contrat collectif liste les services d’assistance. Avant de payer un bilan, mieux vaut aussi demander une prescription au médecin : sans elle, le forfait ne joue pas.
Les salariés assurés ailleurs gardent deux pistes : le forfait de leur propre complémentaire, et le parcours public si l’enfant a moins de 12 ans.
Ce que l’annonce ne dit pas encore
L’assureur présente son offre comme « inédite ». Plusieurs points restent pourtant à préciser.
Montant, âge, assisteur : les inconnues
Le communiqué ne donne ni le montant du forfait, ni l’âge des enfants couverts, ni la liste des professionnels dont les bilans sont remboursés. L’assisteur chargé de l’aide aux devoirs n’est pas nommé, et aucune date de disponibilité n’est annoncée. Sans montant, impossible de mesurer ce qui restera à payer. Et comme l’employeur règle le niveau de garantie, deux salariés assurés chez CNP n’auront pas forcément la même protection.
TDAH et autisme à l’étude
CNP parle d’une « première étape ». Elle étudie une extension au TDAH et à certains troubles du spectre de l’autisme, sans calendrier. En assurance emprunteur, il couvre déjà d’anciens malades de certains cancers sans surprime ni exclusion dès la fin du traitement, sans attendre le droit à l’oubli.

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