Assurance vie en fonds euros : fonctionnement, rendement et fiscalité

En matière d’assurance vie, les possibilités sont nombreuses. Vous pouvez choisir entre les unités de compte, les fonds Eurocroissance et les fonds en euros. Cet article porte sur le placement en fonds euros.

Ce support séduit de nombreux épargnants : votre capital est garanti, les intérêts s’ajoutent chaque année à ce capital et vous pouvez récupérer votre épargne à tout moment.

L’assurance vie et le contrat en fonds euros

L’assurance vie reste l’un des placements préférés des Français. En échange de primes, l’assureur s’engage à verser un capital à une ou plusieurs personnes désignées. Le souscripteur choisit entre un contrat en cas de vie, un contrat en cas de décès et un contrat mixte.

Qui peut souscrire ?

Il faut être majeur et respecter la limite d’âge que fixent certains assureurs. Pour un contrat d’épargne en fonds euros, le questionnaire médical n’est en général pas demandé : il concerne surtout les garanties décès. Le premier versement minimum varie d’un contrat à l’autre.

Ce que le fonds euros apporte

Ce contrat fait fructifier votre épargne avec peu de risque et un rendement régulier. Il bénéficie aussi de la fiscalité de l’assurance vie à la succession.

L’épargne est investie surtout en obligations et en emprunts d’État, complétés par 5 à 10 % d’actions et une part d’immobilier. Cette répartition peut varier selon les résultats de la gestion. L’assureur garantit le capital sur son bilan.

Le capital et les intérêts sont garantis. Une fois crédités, les intérêts sont acquis définitivement par un effet cliquet.

La transmission au décès

Les capitaux versés au décès échappent à la succession classique. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Au-delà, le prélèvement est de 20 % jusqu’à 700 000 € taxables, puis de 31,25 %.

Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement tombe à 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires. Les intérêts restent exonérés. Le conjoint et le partenaire pacsé ne paient aucun droit.

Le fonctionnement du contrat d’assurance vie en fonds euros

La plupart des fonds euros, en contrat mono-support comme multisupport, sont investis surtout en obligations françaises. L’assureur encaisse chaque année les intérêts de ces obligations et récupère leur valeur nominale à l’échéance. Les plus-values réalisées à la cession sont versées à une réserve, la provision pour participation aux bénéfices.

Une grande partie de la marge nette réalisée sur ces obligations revient à l’assuré, selon les engagements du contrat et les normes légales. Les sommes placées en réserve doivent être reversées aux assurés dans un délai maximal de huit ans. L’assureur reste soumis à des règles de gestion très strictes.

La composition du fonds en euros

Les fonds euros ne se ressemblent pas. Leur composition dépend surtout de l’assureur et de vos choix d’investissement.

  • Les fonds euros classiques se composent d’environ 80 % d’obligations.
  • Les fonds euros diversifiés gardent le capital garanti, avec une part plus large d’actifs potentiellement rémunérateurs, comme les actions et l’immobilier.
  • Les fonds dynamiques ou opportunistes peuvent contenir des produits structurés, des actions ou des parts de fonds immobiliers. Ils exigent souvent un investissement minimal en unités de compte, parfois 30 % ou plus.

Méfiez-vous des taux affichés les plus élevés. En 2025, ceux qui dépassent 4 % viennent surtout de fonds conditionnés à 50 ou 75 % d’unités de compte. Ce n’est pas le rendement d’un pur fonds euros.

Pour repérer les meilleurs contrats, consultez le tableau comparateur des fonds euro de bnains.org.

Les avantages et les inconvénients des fonds en euros

Le fonds en euros garantit le capital, sécurise les gains et offre un rendement régulier. Le rachat est possible à tout moment. Il présente aussi des limites à connaître avant de souscrire.

Un rendement remonté, mais rogné par la fiscalité

Le rendement moyen a longtemps baissé, jusqu’à 1,3 % en 2021. Il est remonté à 1,9 % en 2022, puis autour de 2,6 % en 2023, 2024 et 2025.

Sur un fonds euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont retirés chaque année, même sans rachat. Un taux affiché de 2,6 % équivaut donc à environ 2,15 % net.

Solvabilité de l’assureur et gel des rachats

La liquidité dépend de la solidité de l’assureur. En cas de crise, la loi Sapin 2 autorise le Haut Conseil de stabilité financière à suspendre temporairement les rachats. La mesure dure trois mois, renouvelable une fois, soit six mois au maximum. Elle n’a jamais été activée depuis 2016.

Si l’assureur fait faillite, le fonds de garantie des assurances de personnes rembourse jusqu’à 70 000 € par assuré et par assureur. Il n’intervient pas en cas de simple gel des rachats.

Fonds en euros et unités de compte : quelles différences ?

Les deux supports se cumulent dans un contrat multisupport, mais ils fonctionnent très différemment. Les unités de compte sont plus complexes et plus risquées : le capital n’est pas garanti et le risque de perte est réel. En contrepartie, leur rendement est plus élevé. Les unités de compte ont affiché 4,7 % net en moyenne en 2025, contre 2,6 % pour les fonds euros. Une performance passée ne garantit pas la suivante.

La fiscalité diffère aussi : sur les unités de compte, les prélèvements sociaux ne sont dus qu’au rachat. En cas de crise boursière, le fonds euros reste le support le plus sûr. Le risque zéro n’existe pas, mais ce support convient si vous voulez placer de l’argent sans exposer votre capital.

Ce qu’il faut savoir sur le taux de rendement

Le taux de rendement d’un fonds euros est annoncé en début d’année pour l’année écoulée. Il est net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux. Il additionne le taux d’intérêt technique, que l’assureur s’engage à servir, et la participation aux excédents.

Les règles fixées par le code des assurances

Certains contrats prévoient un taux minimum garanti. Selon l’article A132-3 du code des assurances, la participation aux bénéfices garantie ne peut pas dépasser 80 % du rendement moyen des actifs de l’assureur sur les deux derniers exercices.

La participation aux excédents doit atteindre au moins 85 % des résultats financiers et 90 % des résultats techniques (articles A132-10 et suivants, anciennement A331-3). Ce minimum se calcule pour l’ensemble des contrats de l’assureur, pas contrat par contrat. L’assureur peut donc mieux rémunérer les contrats qu’il vend encore.

Ce que les taux moyens cachent

Le rendement moyen 2025 atteint environ 2,6 %, mais l’écart entre contrats est net : de moins de 2,1 % pour les moins bien servis à plus de 3 % pour les meilleurs. Les assureurs ont puisé dans leur provision pour participation aux bénéfices pour tenir ces taux. Elle représente 3,7 % des encours fin 2025, contre 4,5 % fin 2023. Ce matelas sert à lisser les rendements, et il s’amenuise.

La fiscalité en cas de rachat

Seuls les gains sont imposés lors d’un rachat, jamais le capital versé. La fiscalité change à partir du huitième anniversaire du contrat.

Avant et après huit ans

Avant huit ans, les gains subissent par défaut le prélèvement forfaitaire unique de 30 % : 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € s’applique sur les gains (9 200 € pour un couple). Au-delà, l’impôt est de 7,5 % tant que vos versements nets restent sous 150 000 €, et de 12,8 % au-dessus. Ces taux valent pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017.

Le taux de 17,2 % de prélèvements sociaux reste inchangé pour l’assurance vie. La hausse à 18,6 % votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 concerne d’autres revenus du capital, pas l’assurance vie.

Un exemple chiffré

Un couple marié rachète 30 000 € sur un contrat de plus de huit ans, dont 8 000 € de gains. Ces gains passent sous l’abattement de 9 200 € et sont exonérés d’impôt sur le revenu. Restent 17,2 % de prélèvements sociaux sur ces gains, soit 1 376 €. Sur un fonds euros, l’assureur les a déjà retirés au fil des ans : aucun prélèvement supplémentaire n’est dû.

Comparez les contrats d’assurance vie

Comparez les offres de fonds euros sur six points : le rendement des dernières années, la diversité des supports proposés, les frais, le seuil de versement, les conditions d’accès au fonds euros et la qualité des outils numériques.

Les taux publiés sont nets des frais de gestion, mais pas des frais sur versements. Vérifiez aussi qu’un taux élevé n’impose pas d’investir en unités de compte.